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William Cliff, Prix Goncourt de poésie en 2015, lit ses textes en compagnie de Frédéric Daverio, accordéoniste. C’est au 140, une occasion unique de descendre en poésie à la force du soufflet. Nous annonçons peu, faute de pouvoir traiter justement chacun, une fois n’est pas coutume, nous avions envie de vous dire retrouvons-nous là-bas.

Qui n’a pas vu dans sa vie William Cliff se découvrir de page en page, de Gallimard à La Table Ronde, ignore encore que notre poète est l’acteur de son écriture, d’un charisme ténébreux, rarement rencontré chez ses congénères que nous lisons aussi à nos moments perdus. Et cet accordéoniste, venu de sa banlieue parisienne, le merveilleux Frédéric Daverio, dialogue avec les mots, éclairant les no man’s lands, les états des lieux. Une précieuse rencontre qui engendre un spectacle plus qu’une lecture. William Cliff ose la lisibilité à l’ancienne d’un Verhaeren, il a le naturel de l’enfant écrivain, la crudité indispensable qui nous emmène hors des sophismes civilisés. Rimbaldien, oui, enfin non, William Cliff. Il est seul aujourd’hui à écrire comme ça, sans délacer les souliers de voyage. Raymond Queneau l’a découvert il y a bien des années, il est temps que nous le fassions si ce n’est déjà fait.

Jo Dekmine

Une rencontre

C’était dans une entrée d’hôtel _ j’ai vu un homme qui venait
il était beau (dois-je le dire) _ traînant après lui une caisse
noire où était son instrument _ son sourire (dois-je le dire)
était rempli de sympathie _ il soufflait, il suait - plus tard
le soir nous étions tous les deux _ lui jouait moi je récitais
il embrassait son instrument _ posant sa joue sur le haut bord
il y mettait toute son âme _ c’était comme un combat d’amour
il me chassait avec ses sons _ je résistais avec le sens
car toujours le sens doit avoir _ le dernier mot dans la partie
mais lui d’un coup faisait sortir _ une saillie de sa puissance
et moi je devais ressurgir _ afin que le sens recommence
quand nous avons été au bout _ de cette lutte fratricide
personne n’avait gagné mais la vue du monde était splendide
nous allâmes boire du vin _ pour célébrer notre rencontre
et qu’elle continue afin _ de célébrer la vue du monde

William Cliff

Au Théâtre 140, le jeudi 8 octobre 2015 à 20h30 et le vendredi 9 octobre 2015 à 20h30.

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