La SACD créée des opportunités pour ses auteurs dans le domaine de la réalité virtuelle : concours, accompagnement de projets, masterclasses, journées de réflexion. Présente au forum Screen4All 2016 où se sont exprimés une cinquantaine d’experts sur des sujets touchant à la réalité virtuelle, à la vidéo à 360° et à la réalité augmentée, elle en a ramené une série d’articles. Cette semaine : VR & storytelling, partie 2 : les retours d’expérience

Amaury La Burthe pour Notes on blindness

« Pour réaliser ce documentaire sur un professeur qui devient aveugle, nous sommes partis d’enregistrements sonores de sa voix et nous avons bâti l’expérience VR autour. Nous voulions donner à voir ce que devient sa perception. Au début, chaque son est représenté visuellement : nous avons créé des algorithmes qui visualisent des niveaux sonores. Progressivement, on perd cette représentation. En ce qui concerne l’écriture, nous avons choisi dans le texte (les carnets tenus par le professeur) tout ce qui permettait de créer un espace en trois dimensions. »

Joséphine Derobe, stéréographe, réalisatrice, productrice

« C’est le relief qui va apporter l’expérience pleine. En réalité virtuelle, on pourrait être sur une scène. Il faut agencer de manière scénographique les éléments de l’image. Par exemple, un personnage proche de la caméra va entrer directement dans l’intimité du spectateur qui ressent une présence.
« J’ai collaboré à I Phillip et à La tentation de Saint Antoine, une installation stéréoscopique avec un prolongement VR. Aujourd’hui, j’ai en projet un film qui suit le parcours d’un migrant. Il s’agit d’un documentaire en images stéréoscopiques avec un son spatialisé.
« Beaucoup de réalisateurs 3D passent à l’image stéréoscopique parce que dans les deux cas, on engage le spectateur. On raconte une histoire où on le prend par les sens.
« C’est une question très importante lorsqu’on utilise la VR : qu’est-ce qu’on fait avec les spectateurs ? Il faut avoir une connaissance physique et physiologique des conséquences de ce que l’on présente.
« Il faut également une réinterrogation de la grammaire du cinéma classique. Le réalisateur ou la réalisatrice doit justifier le choix du 360° et l’intégrer totalement dans l’écriture.
« Les limites ? Je les situerais dans les mouvements de caméra, qui sont plus limités que dans le cinéma traditionnel.

. Arnaud Dressen, fondateur du studio Honkytonk Films et de Wonda VR*

« Wonda et d’autres applications pour la VR augmentent la grammaire de la VR. L’interactivité à laquelle on parvient aujourd’hui permet aux personnages de réagir : un personnage nous dit « Ne me regarde pas » et si nous continuons à le regarder, il réagit : « Je t’ai dit de ne pas me regarder ! »
Elle permet aussi de donner de l’information sur les personnages. Un téléphone sonne ? Je pose le regard sur l’objet ? Une vidéo concernant la personne qui appelle se déclenche.
Un challenge excitant : si l’on se trouve dans la peau d’un personnage, il faut que notre avatar se mette à parler.

* En 2009, Arnaud Dressen a reçu le prix Scam* de l’œuvre multimédia pour Voyage au bout du charbon, première production d’Honkytonk Films diffusée sur lemonde.fr

Dans la même rubrique

Liens utiles