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La SACD a provoqué deux rencontres insolites lors du Festival XS au Théâtre National. La collaboration entre Inès Rabadan, cinéaste, et Lionel Lesire, plasticien, se poursuit aujourd’hui. Mais comment ça se passe, une rencontre insolite ?

Qui sont-ils ?

Inès Rabadan est cinéaste. Son dernier film Karaoké domestique, a été salué comme une performance et primé aux festivals Docs en courts (Lyon, 2014) et Filmer à tout prix (Mention spéciale de la Quadrature du Cercle, 2013). Après une tournée des festivals, il est régulièrement projeté en Belgique et a notamment été programmé dans le cadre du Festival Regards sur le travail proposé par le P’tit Ciné. Au travers de cette oeuvre, Inès Rabadan installe un regard critique et réflexif sur les femmes, leur rapport aux travaux ménagers et à celles qui s’en chargent éventuellement pour elles.

Lionel Lesire est peintre et graveur. À l’occasion, il fabrique aussi des ukulélé. Sa renommée en tant que créateur de décors et de costumes pour le théâtre (participation à une cinquantaine de productions) et d’opéra (plus d’une trentaine) n’émousse pas son désir de travailler directement l’image et la matière, à travers la gravure notamment.

Réciproque(s)

Inès Rabadan et Lionel Lesire se sont donc rencontrés pour produire une "petite forme", En douceur et profondeur, intermède théâtral et plastique qu’ont découvert les spectateurs du Festival XS (Théâtre National). En puisant dans les obsessions contemporaines : le rapport au corps et l’objectivation de l’autre, ils ont amorcé une réflexion, qu’il leur a semblé important de poursuivre. (On pourra en découvrir à mesure les résultats sur le site www.reciproque.be).

"Réciproquer" de manière insolite et rapide n’est cependant pas de tout repos. Et la réussite d’un exercice de voltige n’empêche pas que l’on y revienne, ne fut-ce que pour inciter d’autres à s’y lancer.

De la complémentarité comme mise à feu

Voici que, pour nous, Inès Rabadan évoque cette rencontre provoquée.
"La beauté de cette rencontre insolite, c’est son caractère inattendu : une occasion, et un délai (court !). Un espace et un temps pour travailler à deux. De la rapidité de réalisation du projet naît quelque chose de vrai et d’intense : on tombe d’accord sur un sujet (le silicone dans notre vie d’humains), on fait se cogner deux sources d’inspiration (des témoignages de femmes ayant subi de la chirurgie plastique, et celui d’un homme vivant avec une poupée), on produit en quelques semaines un texte, une idée scénographique, un costume plastique, des lumières, de la vidéo. Même si nous puisons dans notre expérience et nos questionnements, tout ce qui est sur le plateau est neuf, créé pour et par l’occasion. Même la collaboration avec ces acteurs-là, nouveaux dans notre entourage.

La carte blanche de la SACD est un détonateur, qui déclenche une collaboration latente – elle aurait pu le rester. Cette collaboration s’établit sur une connaissance mutuelle, mais surtout sur nos différences, notamment le fait d’être un homme et une femme. La complémentarité comme mise à feu pourrait être un idéal. Même si tout cela se passe en douceur. En douceur et en profondeur."

En douceur et profondeur" unit documentaire, images sensorielles et jeu d’acteurs, pour une exploration troublante et drôle du rôle que joue la silicone dans la vie amoureuse d’un homme, et de trois femmes.

Texte, mise en scène, scénographie, costumes, lumières : Ines Rabadan | Lionel Lesire / Maquillage : U. da Fonseca
Interprétation : Isabelle Wéry et Pierre Haezaert

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