Accueil du site / Home_fr / Actualités / Activites culturelles / Invitation - Lundi de la Maison des Auteurs : La Terre abandonnée de Gilles Laurent

Cinq ans après la catastrophe de Fukushima, Gilles Laurent s’est rendu sur place à la rencontre de quelques habitants qui malgré tout ont souhaité rester dans leurs villages. Dans son film, magnifique, l’auteur porte toute son attention sur la vie… et rien d’autre. Lors de la remise de ses Prix annuels, le Comité belge de la Scam a souhaité rendre hommage à Gilles Laurent, et nous vous proposons de découvrir son film lors du prochain Lundi de la Maison des Auteurs, le 20 mars au Cinéma Aventure.

L’œuvre

Dans la zone évacuée autour de la centrale nucléaire de Fukushima, 5 ans après la catastrophe, le village de Tomioka est toujours vide de ses quinze mille habitants. Quelques rares individus pourtant vivent encore sur cette terre brûlante de radiations.
Matsumura san, avec son vieux père, s’occupe des animaux abandonnés aux lendemains de l’accident nucléaire. Il est le premier à avoir refusé l’ordre d’évacuer. À sa manière, en faisant de sa vie un symbole, il témoigne et milite pour un monde dénucléarisé.

L’existence apparemment déraisonnable mais paisible de ces irréductibles nous rappelle qu’un bout de terre est, en dernier recours, notre lien le plus sûr au monde.

Scénario et réalisation : Gilles Laurent
Image : Laurent Fénart
Son : Nicolas Joly, Gilles Benardeau
Montage : Marie-Hélène Mora
Production : Centre Vidéo de Bruxelles
73 minutes - 2016

À voir, la bande annonce du film, et à lire, une critique

L’hommage du Comité

« Poser son regard sur un lieu hautement symbolique à travers un film n’est jamais innocent. Rien dans un film n’est innocent d’ailleurs. Il est le lieu de synthèse des préoccupations essentielles du cinéaste, un espace où il se dévoile et par lequel, il laisse des traces de son passage.

La Terre abandonnée est un film documentaire tourné dans la zone radioactive de Fukushima, au Japon, terre d’accueil du réalisateur. Le lien à la terre était une préoccupation profonde pour Gilles Laurent, il avait cherché à comprendre cette notion à Bruxelles, dans son village natal dans les Ardennes et puis au Japon à travers le personnage principal de son film.
Il aura filmé une zone entièrement évacuée et dépeuplée et dressé le portrait du seul habitant qui a décidé de rester pour témoigner et se poser en symbole des conséquences de l’exploitation de l’outil nucléaire. Le choix de cet homme qui se positionne et assume son choix fait sens.

Comme vous le savez, Gilles Laurent a été tué dans l’attentat du métro Maelbeek le 22 mars 2016. Il se rendait à l’une des dernières visions collectives de son film. Il ne savait pas qu’il deviendrait, avec 31 autres victimes, un symbole des conséquences des politiques impériales au Moyen Orient. L’équipe qui entourait Gilles a achevé son film dans le souci du respect de son univers.

Nous, Comité belge de la Scam, avons voulu rendre hommage à Gilles Laurent. Il laisse un grand vide derrière lui. Les auteurs ayant travaillé avec lui en tant qu’ingénieur du son ont perdu un précieux collaborateur. Nous lui devons des bandes sons exigeantes, soignées et de qualité.
Citons quelques documentaires belges : Nosotros de Diego Martinez, La Chambre de Damien de Jasna Krajinovic, Le Bateau du père de Clémence Hebert, Bon Baisers de la colonie de Nathalie Borgers, Campo Santo de Sonia Pastecchia… ou les fictions comme Rumba d’Abel & Gordon, Nuit Noire d’Olivier Smolders, Japón de Carlos Reygadas, Poulet aux prunes de Marjane Satrapi…

Nous souhaitons également nous solidariser avec sa famille belge, Reiko Udo, son épouse et ses deux filles, Suzu et Lili.

Il nous est douloureux de savoir que les derniers pas de Gilles Laurent le conduisaient à rejoindre cette communauté de cinéastes du réel qui construisent un regard sur notre monde, il s’apprêtait à rejoindre cette communauté d’auteurs qui aujourd’hui célèbrent son travail d’auteur.

À travers ce prix, nous souhaitons lui dire enfin à quel point nous sommes tous indispensables les uns vis-à-vis des autres, lui dire qu’il restera irremplaçable. »

Ronnie Ramirez

L’auteur

Gilles Laurent aimait Schubert, Sibelius, Chostakovitch, autant que le jazz, le reggae, le funk. Il aimait écouter, il aimait réfléchir. Il aimait le silence. Il était ouvert aux variations du destin, prêt à accueillir l’imprévu. Il se passionnait, pêle-mêle, pour la peinture de Diego Rivera, le tango, les travaux de l’anthropologue Carlos Castañeda, les expériences politiques d’Evo Morales en Bolivie et de Rafael Correa en Equateur. Globe-trotter impénitent, homme engagé, parfois intransigeant. Depuis 2013, Gilles Laurent vivait à Tokyo et c’est le Japon qui a poussé cet ingénieur du son à réaliser son premier documentaire, La Terre abandonnée.

La projection

La soirée aura lieu le lundi 20 mars à 20h au Cinéma Aventure (Galerie du centre 57 - bloc II, rue des Fripiers 15, 1000 Bruxelles). Le producteur du film sera présent pour une discussion après le film, et un verre sera offert à l’issue de la séance.

Comme d’habitude l’entrée est libre mais la réservation est obligatoire, avant le 18 mars. Pour assister à la soirée, merci de bien vouloir vous annoncer en écrivant à l’adresse actionculturelle sacd-scam.be.

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