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La dernière séance de l’année des Lundis de la Maison des Auteurs aura lieu le 15 décembre, un jour de grève nationale. Elle sera consacrée à deux œuvres radiophoniques, un documentaire de Loredana Bianconi et une fiction de Rémi Pons, qui chacune portent une forme d’engagement politique et social, posent la question de l’identité et de notre place dans une société. Une bonne occasion d’amorcer une discussion sur ces questions.

La Résonance de nos hymnes – Quel est notre pays ? , un documentaire radiophonique de Loredana Bianconi

L’Internationale. Des parents obligés d’entonner l’hymne fasciste dans les années ’20 et ’40 en Italie. Une enfant italienne chantant à tue-tête la Brabançonne à l’école primaire, question de prouver son intégration en Belgique. Ce qu’elle préférait, elle, - ce qu’elle préfère ? - c’était l’hymne du "Piave" datant de la première guerre mondiale que lui chantait son grand-père. Cela fait beaucoup d’hymnes différents pour une seule famille.

Est-ce dans l’air du temps ? Des hymnes résonnent de plus en plus souvent lors de manifestations, de rassemblements de foule, lors de cérémonies. Remise au jour des hymnes ? Les croyait-on un reliquat du passé ?Ils célèbrent le Pays, la Nation et son peuple, ils exaltent la Patrie. Des versions officielles. Officieuses. Xénophobes. On tend l’oreille aux paroles : Patrie, frontières, sang, dieu… On bute sur ces paroles pompeuses, archaïques. Côté rhétorique et banalité, ça ne plaisante pas. Les hymnes se font une concurrence féroce. On se rebiffe devant la réaction émotionnelle que des airs de marche peuvent malgré tout – malgré nous – susciter. Et l’émotion confrontée à des interprétations plus sensibles le chant d’une exilée, la fanfare d’ex-combattants. C’est embarrassant et interpellant.

Et chez les autres ? Qu’évoque ce sujet ? On a envie d’éveiller la curiosité des autres et de croiser des avis. De mener une petite enquête. D’être confronté à des témoignages personnels et parfois intimes sur des questions qu’on ne s’est peut-être jamais posées. La Patrie, est-ce la terre des pères, la terre sur laquelle on est venu au monde, où l’on a grandi ? Quel est notre Pays, si ses frontières ont été mouvantes, si on a dû le quitter, si on n’en a jamais possédé ? Si on a traversé plusieurs contrées ? La Patrie, est-ce un lieu, un territoire ou se pourrait-il qu’elle soit inscrite dans l’imaginaire ? Quel serait, alors, son hymne ?

Les hymnes sont un prétexte pour poser des questions sur l’identité, le sentiment d’appartenance… L’air de rien, en musique.

Réalisation Loredana Bianconi, en conversation avec Jean-François Gava, Alain Mihali, Anne Morelli, Claudio Pazienza, Jan Vromman Prise de son : Philippe Ohsé. Montage et mixage : Déborah Dourneau. Production : Marianne Binard. Remerciements : Maxime Coton, Serge Meurant. Musiques La version chorale de L’Hymne du Piave, « Gorizia », chanté par Loredana Bianconi, Le « Chant de Piero », chantée par Jean-François Gava, Le Chant des Partisans Juifs « Ne dis jamais », chanté par Zahava Seewald, La Passion selon Saint-Mathieu de Jean-Sébastien Bach.

Un documentaire radiophonique de Loredana Bianconi, 2013, 48’ + 51’. Halolalune Production avec l’aide du Fonds d’aide à la création radiophonique de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Loredana Bianconi est docteur en Art, Communication et Spectacle à la Faculté des Lettres et de Philosophie de Bologne. Elle réalise des émissions pour la RAI 3 et des documentaires dont La Mina (1989), Do You remember revolution ? (1997), Devenir (2004), La Vie autrement (2005)…

L’Odeur , une fiction radiophonique de Rémi Pons

« Bordel, tu serais pas mort, tiens, on serait sur la route, j’en suis persuadé. Ha oui, convaincu de chez convaincu, topes en dix mon pote. Un peu partout dans le monde. On aurait pris du bon temps. Pas accrochés à ces putains de vieux bancs. Merde. Y a pas de nostalgie, hein. Juste le regret de te voir crever, mon pote. Tout ce qu’on peut plus faire. C’est énorme maintenant. Énorme. »

On enterre un sans-abri dans le carré des indigents de la commune où il a fini sa vie. A cette occasion, différentes personnes se retrouvent et ne se connaissent pourtant pas. Ensemble, elles évoquent la vie de cet homme, les moments où il s’est fait quitter, où il a dû se faire licencier, jusqu’à sa mort, sur le pavé de la ville, jusqu’à ce moment où il devient nécessaire de donner un nom à ce corps. Ensemble, avec, en écho, la voix de celui qui aurait pu être ce sans-abri et qui déambule dans une grande solitude, ils redonnent une histoire une identité et un nom à cet homme qu’ils ont tous croisé un jour ou l’autre. Et puis peut-être ailleurs, peut-être au même moment, un autre homme, un autre sans-abri, vient saluer une dernière fois et rendre hommage à son camarade, à sa manière, sauvage et irraisonnée.

L’Odeur évoque la vie d’un clochard, suite à une rencontre du réalisateur avec un éducateur racontant le quotidien des sans abri.

Écriture et réalisation : Rémi Pons Voix : Anouar : Philippe Drecq, Le patron : Pedro Cabanas, La vendeuse : Eléna Perez, Le médecin : Simon Duprez, La mère : Anne-Marie Loop, L’ami : Philippe Grand’henry. Saxophone et sac : Yoann Durant Générique : Sophie Jaskulski Son : Julien Courroye Assistant : Baptiste Janon Mixage : Vincent Van der Vennet et Julien Courroye Production : La Bande asbl Avec le soutien de : Fond d’Aide à la Création Radiophonique (Fédération Wallonie Bruxelles) et Programme « Du côté des ondes » Durée : 50 mn

Pour commencer, après une courte et intense vie antérieure, Rémi Pons passe le concours de l’INSAS et y intègre la section Théâtre, sort de l’école et assiste quelques metteurs en scène dans leurs productions. Puis rien. Le rien. Grève d’activité. Qui lui permet de se plonger dans de nouveaux projets, d’en poursuivre certains, et de commencer à écrire. Artiste à plein temps, il écrit alors notamment L’Odeur, dans une version radiophonique, qui plus tard sera adaptée au théâtre. C’est en tout cas le début d’une démarche plurielle dont le cœur se situe peut-être dans cette volonté d’aller au contact d’une réalité dite sociale pour la transmettre sous forme de fiction ou sous forme documentaire, sous forme radiophonique ou théâtrale.

Infos pratiques

La séance aura lieu le lundi 15 décembre à 20h au Cinéma Aventure (rue des Fripiers 57, Galerie du Centre, 1000 Bruxelles), et sera suivie d’une discussion avec les auteurs. Un drink sera ensuite offert. L’entrée est libre, mais une réservation est indispensable. Pour assister à la séance, merci de bien vouloir écrire à cette adresse : actionculturelle sacd-scam.be.

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