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Où en est la création radiophonique aujourd’hui ? Le jury de l’édition 2014 du festival MONOPHONIC a décidé de distinguer des formes radiophoniques radicales et mixtes. Il a décerné le prix Scam à Christine Van Acker pour "Moi, je parle" et le prix SACD à Richard Kalisz pour "Une dernière mise en onde, la mort probablement".

MONOPHONIC

Festival de création radiophonique organisé par l’acsr, MONOPHONIC, absent de la scène belge depuis 7 ans, est revenu en mai enchanter nos enceintes et nos pavillons avec ces voix, ces pas, ces souffles du monde qui tissent les oeuvres sonores, qu’elles soient documentaires ou de fictions. Une sacré bonne nouvelle pour tous les amateurs de bruits et de silences, de courtes et de longues écoutes, de directs radios, de performances, de concerts ou de rencontres avec les auteurs…

En quatre jours (du 22 au 25 mai) et en trois lieux (Halles de Schaerbeek, Novanoïs, Ateliers Claus), le jury de cette édition 2014, présidé par Anna Raimondo, artiste italienne basée à Bruxelles, et composé de Dominique Balaÿ, Irvic D’Olivier, Kenan Gorgun, Déborah Gros et Agnès Quackels, a écouté les oeuvres soumises au concours avec en tête une question : "Où en est la création radiophonique aujourd’hui ?" Et à l’esprit, une volonté : celle de distinguer des formes radiophoniques qui s’orientent vers une radicalité du traitement et qui questionnent la porosité des genres.

Deux prix, Scam/SACD

Associée au renouveau de MONOPHONIC, la Scam et la SACD dotaient deux prix des Meilleures Écritures radiophoniques, remportés respectivement par Christine Van Acker avec Moi, je parle et Richard Kalisz avec Une dernière mise en ondes, la mort probablement, deux productions soutenues par le fonds Du Côté des Ondes et la RTBF.

La SACD et la Scam ont également décerné conjointement le Prix Spécial Découverte à Lucas Derycke pour Waar is de sneeuw van weleer ? Attribué à une pièce réalisée dans le cadre du cursus académique d’une haute-école du Royaume de Belgique, ce prix de 1.250€ s’assortit d’un mois de résidence auprès de l’acsr. L’oeuvre évoque la déperdition de la mémoire avec le temps : "Tu ne veux rien oublier. Tout conserver." Elle est à écouter ici.

Ecaterina Vidick, également auteure Scam, s’est vue décerné le Prix du Meilleur Son par Far Audio pour L’heure bleue, oeuvre déjà couronnée au Festival Longueur d’ondes de Brest, comme on vous le disait ici.

Moi, je parle

Anna Raimondo, Présidente du jury, évoquant Moi, je parle de la réalisatrice Christine Van Acker, a souligné que "le jury a trouvé remarquable non seulement la fraîcheur et l’intelligence du sujet, mais particulièrement la proposition d’une écriture non-linéaire et polyphonique. Le sujet, une question ouverte, se dévoile petit à petit, tout au long de la pièce, en provoquant une tension et un fort intérêt conservé jusqu’à la fin."

Justement, ce sujet, quel est-il ? Christine Van Acker, qui se surnomme "la grande oreille", a construit une variation autour du thème des premiers miroirs vocaux. Qui furent charnels et emplumés. Vous ne le saviez pas ? "Les ancêtres de nos magnétophones actuels (…) étaient les oiseaux imitateurs." Cette découverte a amené Christine Van Acker à son thème singulier (traité de manière plurielle, comme l’a souligné le jury) : "Le perroquet serait-il notre premier magnétophone, notre premier miroir vocal ? C’est ce que j’ai eu envie d’explorer en partant à la rencontre d’archives sonores (publiques et personnelles) - et de la préhistoire de l’enregistrement techniques, de perroquets et de leurs maîtres, d’une ventriloque et de ce qui, aujourd’hui, nous permet de reproduire la voix humaine."

Hommage à la mémoire sonore, cette exploration pétillante d’intelligence est à écouter ici.

La mort, probablement

La mort s’épuise-t-elle ? Peut-on, la réduisant à une geste concrète, enfilade de problèmes administratifs ou médicaux à résoudre, bref par un abordage trivial, parvient-on à épuiser son mystère, sa proximité et la peur qui souvent l’accompagne ? C’est la tentative opérée par Richard Kalisz qui, en dix épisodes et cinq heures d’écoute, a devisé de la sienne et des soucis pratiques qu’elle lui causait, à son médecin, son futur fossoyeur, en somme à ceux qui participent ou participeront au théâtre de sa disparition ou de ses funérailles. "Comme dans les grands feuilletons, c’est un enterrement sans fin pour ne pas mourir. Mis en scène ou mis en ondes par celui qui va mourir. Un moi qui rejoint tous les autres. La frontière entre fiction et documentaire est abolie tant le monde est en soi une scène tragi-comique dont nous sommes les acteurs, en vérité, et les auteurs impuissants. Et si la mort était, elle-même, une fiction inventée par le réel ?" s’interroge l’auteur.

Une dernière mise en onde, la mort probablement a reçu le Prix SACD de la Meilleure Écriture Fiction. Richard Kalisz a tenu pendant son récit la mort à bout de bras, mais ne l’a ni élucidée ni épuisée. Reste une somme unique, déjà diffusée partiellement sur France Culture et abondamment commentée, à écouter ici, sur sonosphere.org, la "chambre d’écoute en ligne" imaginée par phonurgia nova, Deutschland radio kultur et l’université Bauhaus de Weimar pour permettre aux oeuvres d’auteurs de traverser le temps.

Moi, je parle. Réalisation : Christine Van Acker. Mixage : Thierry Van Roy. Production : Les Grands Lunaires asbl. Avec le soutien du fonds Du Côté des Ondes et de la RTBF.
Une dernière mise en onde, la mort probablement. Réalisation technique : Axel Antoine. Prise de sons, écriture et mise en onde : Richard Kalisz. Une production du Théâtre Jacques Gueux, avec les aides de Radio Air Libre, du Fonds d’aide à la création radiophonique - Communauté française de Belgique, de la RTBF - Du Côté des Ondes et le soutien de la SACD-Scam.

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