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En fournissant des chiffres genrés, la SACD et la Scam ont participé à l’étude menée par l’asbl Engender concernant la présence des femmes dans le cinéma belge francophone. Avec un constat en trois points : la présence des femmes s’érode dès les études terminées, elles remettent moins de projets aux diverses commissions et ces projets sont moins ambitieux financièrement que ceux de leurs collègues masculins.

Derrière l’écran, où sont les femmes ?

La présidente du Comité belge de la SACD, Inès Rabadan, particulièrement sensible à cette question, avait animé un débat sur ce sujet au Festival International du Film Francophone à Namur cet automne, débat dont naissait des stratégies possibles pour obtenir une parité entre les hommes et les femmes dans le milieu cinématographie francophone (à lire ici).

Ce lundi 20 juin 2016, c’était l’asbl Engender qui présentait, en association avec le festival Elles tournent, les résultats d’une étude exploratoire sur la présence des femmes dans le cinéma francophone de Belgique.

Menée avec le soutien d’Isabelle Simonis, Ministre des Droits des femmmes, et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’étude exploratoire sera complétée au fil du temps grâce à des données plus stables, l’ensemble des acteurs du secteurs ayant été conscientisés à l’absence de données genrées par la difficulté de l’équipe à récolter des chiffres.

Elles s’évanouissent

Loin du cliché 19ème de la pâmoison, les femmes, plus nombreuses que les hommes dans les écoles de cinéma, voient leur présence s’amenuiser dès l’accès à la profession (moins 20%). Cette absence touche également, lors de l’accès au "monde du travail", certains métiers plus genrés que d’autre, comme la profession de producteur : 31 hommes pour 10 femmes ou celle de directeur photo : 81% d’hommes pour 16% de femmes. (Pour l’ensemble des schémas et tableaux, nous vous invitons à consulter la publication jointe).

L’on constate ensuite que les femmes remettent moins de demandes de financements, bien que, proportionnellement, elles ont un taux de projets acceptés supérieurs à celui des hommes.

Leurs demandes de financement portent également sur des budgets inférieurs à ceux de leurs collègues masculins, ce qui leur procure, à long terme, une viabilité économique et une visibilité moindres.

En termes de visibilité encore, elles sont bien moins nombreuses dans les palmarès de festivals prestigieux ou nationaux.

Les bonnes pratiques

L’équipe de Jacqueline Brau, à qui l’on doit ces premiers résultats, a également tenu à rassembler de bonnes pratiques. Trois pays se distinguent sur ce plan :

L’Allemagne, avec les actions chocs de l’association Pro Quote (qui utilise également des études statistiques), qui s’est donné pour but d’obtenir la présence de 30% de femmes dans l’industrie cinématographique en 2017.

La Suède avec le Swedish Film Institute, qui revendique un financement conditionné à la présence de 50% de femmes (réalisatrice et équipe technique) dans les productions.

Le Québec, avec les Réalisatrices équitables, qui revendiquent une équité dans la distribution de fonds publics et réalisent des études statistiques, ainsi que des études portant sur la différence de contenu entre les films proposés par des femmes et ceux proposés par des hommes. Il s’agit là de cerner le manque de "l’autre"dans le paysage culturel, par l’absence d’une parole, celle, comme n’ont pas manqué de le souligner quasiment à l’unanimité toutes les intervenantes de cette matinée, de la "moitié de l’humanité".

Voir en ligne Lien vers la plaquette qui présente les résultats de l’étude exploratoire

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